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JLJ

20 février 2013

La thérapie de l’expression est une forme d’art thérapie… Elle s’en distingue cependant par le fait que l’essentiel du travail ressemble plus à celui d’un « luthier » qu’à celui d’un travail artistique.
Pourquoi une « thérapie de l’expression » ?
« Je voudrais améliorer mon expression… » Les personnes qui font cette demande ne se doutent pas toujours de l’aventure que représente le fait de tenter d’y répondre.
Il s’agit de reprendre parfois à la base les processus qui ont contribué à la structuration globale de la personne.
Pendant de nombreuses années j’ai parcouru pour moi et avec ma clientèle, les chemins du « grand domaine du Champ Psy » (Psychologie, Psychothérapies, psychanalyse), véritable pélerinage exploratoire souvent nécessaire des mémoires relationnelles plus ou moins traumatiques.
Mais au fil des ans, les découvertes en neurologie ont affiné les connaissances et en particuliers celles portant sur le cerveau archaïque ou reptilien.
De ces travaux passionnants, une pleïade d’approhes méthodologiques ont vu le jour : EMDR, EFT, S.E,etc.. toutes reposent sur une « réharmonisation », un « réaccordage » entre les trois grandes instances structurelles de la personne : son corps (avec toutes ses fonctions liées à l’expressivité), son psychisme, et sa conscience (siège de son activité perceptive, « formulative » (capacité à formuler par analyse et conceptualisation).
Depuis des années, ma recherche à propos de la voix, m’a amené à fréquenter assidument et en profondeur cette recherche d’harmonisation globale de la personne.
C’est ce que je pratique essentiellement dans le concept « Les Voi(es)x de la Voix® », dans un objectif et un cadre : évolution personnelle, formation artistique au chant, à la parole et à l’improvisation.
La rencontre avec des personnes éprouvant certaines difficultés non traitables dans ce cadre, m’a poussé à ouvrir cet autre champ : Thérapie de l’Expression. La frontière entre les deux est difficile à bien délimiter parfois, et cela seulement se considère sur le terrain en présence du sujet.

2-Auto-réparation, auto-régulation

Les organismes vivants se caractérisent par des systèmes d’auto-réparation, auto-régulation. Ces systèmes pâlement imités par nos technologies, permettent la réparation de lésions survenues sur notre corps. Les plus connues sont les processus de cicatrisation et de réparation osseuse. Mais il en existe des quantités d’autres.
L’Ostéopathie travaille essentiellement à soutenir ces processus d’autoréparation et à les réactiver lorsqu’ils sont « endormis » suite au stress et aux « figements » dûs aux traumas d’origine physique, biologique ou psychique.
En Thérapie Expression nous nous appuyons aussi beaucoup sur ces principes, mais notre rôle consiste à former la personne dans sa capacité à relancer par elle-même ces processus d’autoréparation, autorégulation. Cette formation se base sur des protocoles simples, non mécanisés, permettant de réhabiliter notre conscience dans sa capacité à percevoir, agir dans le sens de ces fonctions.Elle vise à faire découvrir les outils nécessaires et induit à s’initier à leur usage.
Lorsque la personne a intégré les principes et les outils nécessaires, elle devient autonome dans sa capacité d’autoguérison. Bien sûr parfois,les stress et les processus post-traumatiques peuvent être tellement prégnants qu’une aide extérieure sera nécessaire. Mais une personne qui aura bénéficié préalablement de cette connaissance de son propre « accordage », de ses « outils » d’autoréparation,récupérera plus vite son intégrité et son indépendance.

3-Le « désaccordage »

Le « désaccordage » est une expression un peu inélégante, mais je n’en pas trouvée de plus précise.
Il est difficile du fait de notre éducation toute tournée vers l’adaptation au monde et vers sa gestion « extérieure », d’appréhendre cette perception de nous mêmes. Pour mieux se représenter cela regardez un enfant de moins de 2 ans…:
* il est baigné d’une sorte de privilège, pourvu d’une qualité de présence, animé d’une harmonie totale dans tout ce qu’il montre, ce qu’il fait, ce qu’il « dit ».
* le même enfant à 5 ou 7 ans a bien changé…
Que s’est-il passé ? son harmonie a fait place à des comportements parfois désagréables, à certaines expressions que l’on sent plus ou moins induites par des facteurs qui appartiennent à son entourage, sa fraîcheur, son innocence se sont altérées, des signes de « double-langage » apparaissent. Bref, son adaptation au monde extérieur et autres a modifié son équilibre harmonieux ; elle commence à prendre la place de l’admirable authenticité des premières années.

Les fonctions de base de la conscience : Ressenti, pensée, mise en acte, n’obéissent plus seulement à son être « central/unifié » mais à un compromis entre cet être central et sa composante « psychique » faite de tous les « scénari » enregistrés comme valables par l’inconscient (cerveaux Lymbiques, voir « reptilien »).
Dans la littérature on appelle l’instance porteuse de ce compromis Le Double, aussi en Psychanalyse, et chez Jung : L’Ombre.
…à suivre…

4-Corps Geste Souffle Voix

Corps Geste Souffle Voix…
Ces quatre mots rassemble les outils nécessaire à la manifestation de notre être, de notre mental, de notre psychée, de notre esprit… La confrontation à l’existence entraîne la dissociation de la belle harmonie dans laquelle ils sont placés au départ.Tout l’effort de l’humain adulte en marche vers plus de confort intérieur, de pertinence et d’efficacité vise à « réaccorder » ces outils pour un fonctionnement meilleur et maximal. La difficulté est que « nous sommes ces instruments » sans « être totalement ces instruments ».
Le travail pour accorder le corps, le geste, le souffle, la voix, avec la pensée, les sentiments, les émotions, les attitudes morales, éthiques est le plus beau et le plus grand oeuvre que l’être humain puisse réaliser…
Il obéit à l’injonction : « la perfection, le sacré, le divin, le cosmique… sont « gravés » en toi (hypothèse : présence potentielle dans l’ADN non encore répertorié ?), à toi de les retrouver, de les épanouir »… qui n’est qu’une autre façon de rappeler l’antique précepte Grec.« Connais-toi toi-même », « mis à jour » par les dernières connaissances sur la nature et le fonctionnement humain.

Voir : Précepte « Gnothi seauton » (en grec ancien Γνῶθι σεαυτόν, traduit par « Nosce te ipsum » en latin) est une expression en grec ancien, signifiant : « Connais-toi toi-même ». C’est, selon le Charmide de Platon, le plus ancien des trois préceptes qui furent gravés sur le fronton du temple de Delphes. La Description de Delphes par Pausanias le Périégète en confirme l’existence..
Par Wikipedia

4′-Obstacles à l’unité de l’expression

Obstacles à l’unité de l’expression : clivages, coupures, césures….
Notre évolution dès la petite enfance nous confronte à la réalité du monde, de l’extérieur, des autres protagonistes de notre hstoire (parents, éducateurs, amis, …). Cette confrontation engendre une adaptation entre ce que nous recevons comme information intellectuelle, émotionnelle, et ce que nous pouvons en faire. Notre expression comporte alors une part de vérité de ce que nous avons ressenti, et une part de « message adapté » chargé d’assurer notre sécurité vis à vis de l’environnement humain autour de nous. Les distortions seront variables en fonction de la capacité de cet environnement à admettre notre réalité, à la comprendre. Ces distortions s’enregistreront et deviendront nos zones de clivages entre nous (dans notre réel intérieur), et nous (dans notre apparence) au monde. Ces clivages sont nécessaires à notre survie mais peuvent nous détourner plus ou moins de notre vraie nature, de notre vrai chemin de vie. Il faut parfois attendre longtemps les conditions de sécurité qui nous permettront de travailler sur ces clivages et nous libérer de leur emprise réductrice à l’égard de nos capacités créatrices.

5-Protocoles utilisés

Thérapie Expression est concrètement formé de « protocoles » pratiques assurant le « cadre » de l’aide apportée à la personne. Ils sont exposés, disons plutôt « confiés » aux pratiquants de cette approche dans une grande écoute de leur capacité d’assimilation et de leurs réactions. Le protocole d’accordage de départ concerne la structure architecturale, (la conscience du corps dans la verticale), puis s’élargit à l’accueil de la mobilité globale, du souffle, puis du son, de l’expression…etc.
Deux techniques, créations d’ARCAD sont mises à votre service : Calliphonie et Kinésiophonie. Vous les retrouvez dans le site d’ARCAD dédié au développement de la Voix : Les Voi(es)x de la Voix
Cette progression se décline en temps et en particularités, de façon aussi variée qu’il existe d’individualités, bien sûr, sur un fond de base commune. D’où la nécessité préalable du travail individuel.
L’expression s’épanouissant, devenant plus authentique, le travail de groupe peut être engagé. Les protocoles subsistent au départ des séances à titre de préparatio/échauffement préludant au travail d’expression.

6-Mémoires traumatiques

Nos mémoires traumatiques sont des obstacles à notre développement, à notre adaptation au monde, à notre expansion créatrice. Elles sont sources de nos angoisses et de nos réactions émotionnelles disproprtionnées. Elles nous déstabilisent et nous rendent vulnérables ou agressifs. Les traiter c’est entrer dans une démarche de connaissance de soi, de progression, d’épanouissement. De nombreux courants thérapeutiques contemporains s’attèlent à cette tâche. De plus en plus les courants d’accompagnement « évolution personnelle », « thérapies »  avec « médiation » (activité dûment conçue dans cet objectif ; artistique, sportive etc…) apportent des aides à la restauration d’une conscience plus solide face aux troubles nés des mémoires traumatiques. « Thérapie Expression » appartient à ces courants.

7-L’instrumentaire de votre expression

L’instrumentaire de votre expression comprend l’incroyable complexité de votre constitution physique, psychique, intellectuelle, spirituelle…
Le corps entier est bien sûr le support de la conscience et l’on ne mesure pas assez encore combien le rapport entre ces deux instances va être déterminant pour la qualité et l’efficacité de l’expresison. Il est aussi concrétement le support des organes de l’expression : l’attitude corporelle, posturale, le geste, le souffle, la physionomie, le regard et enfin la voix.
Cet instrumentaire est le plus complexe de la création, il n’a pas encore été égalé dans les productions humaines.
Mais en équilibre avec cette immense possibilté se trouve l’immense risque des « déréglages », « désaccordages », usures, pathologies, blessures etc…
Ceci devrait nous efforcer à beaucoup plus de soins pour préserver cet instrumentaire, à l’accompagner dans son développement, à l’aider à s’affiner et à le soigner avec amour et attention. C’est souvent l’inverse qui se produit dans une existence humaine. On ne prend pas de soins suffisants à son égard, on le considère comme un « donné », puis un acquis et l’on se plaint lorsqu’il ne fonctionne pas assez bien à notre goût, repochant à la Vie de ne pas nous avoir favorisé !
Vient le temps où l’évolution humaine, étant données la liberté que prend l’individu par rapport à ses origines et son autonomie de plus en plus étendue, va demander à l’individualité de prendre soin de sa propre cohérence à tous niveaux : biologique, physique, psychique, intellectuelle et spirituelle. Cela a commencé pour certaines personnes. Nous devons nous préparer à cette évolution par un travail intense de découverte de nos univers intérieurs et de leur fonctionnements.
Mais il faut pour cela lutter contre les courants civilisationnels qui nous poussent plutôt à croire que tout vient de l’autre : notre bonheur comme notre malheur. Les courants qui pronnent que l’issue n’est que dans le retour sur soi n’est pas plus dans la Vérité. Celle-ci s’approche sans doute plus de la Réalité lorsque l’on considére que notre travail nous engage à nous accorder nous-même, certes mais en lien avec le monde et les autres, car visiblement l’organisation humaine est ainsi conçue…!

8-La biographie humaine

Une biographie humaine est le trésor personnel de son auteur. Chaque être humain a sa biographie, complète, inscrite partout en lui, jusque dans la moindre de ses cellules. La mémoire biographique est le patrimoine unique constituant la personne humaine dans sa spécificité. Il n’est nul besoin de l’écrire sur du papier pour qu’elle soit active, présente, lisible. Elle « est ». Pour en savoir plus la personne humaine n’a juste qu’à cesser de tourner toute son attention, sa concentration vers l’extérieur ordinaire ou extraordinaire. Puis elle se tourne vers ce qui vit en elle, ce qui « s’exprime » au dehors d’elle, à travers elle, dans la moindre de ses manifestations, de ses interactions avec le monde et les autres. Elle peut suivre alors le fil d’Ariane qui la conduira dans le labyrhinte des traces laissées sur son parcours biographique.
Un peu de patience et de prespicacité lui permettront d’approcher, toucher de sa conscience respectueuse, puis peu à peu d’ordonner, de dater, localiser ces traces pour en découvrir le profil révélateur de toutes les étapes essentielles de sa constitution psychique et spirituelle.
Tout est gravé dans notre corps, notre physiologie, nos comportements. Connaître sa biographie en profondeur et depuis l’intérieur, sans donc se contenter de l’anécdotisme, mènera à la libération des chaînes du passé, des clivages, des amoncellements douloureux. Puis cette démarche ouvrira les espaces lumineux, vivants que de tout temps les messages spirituels sur toute la planète annoncent comme étant présents, à notre portée, dans un lien intime avec notre réalité la plus essentielle.
Aujourd’hui, ce qu’il faut comprendre c’est que seule l’individualité humaine peut se guider elle-même dans cette voie d’épanouissement.
Et, à sa disposition, fleurissent aujourd’hui les « méthodes », « recettes », « approches thérapeutiques », démarches spirituelles, connaissances biochimiques, neurologiques… etc. Même si certains auteurs de ces méthodes prétendent détenir l’approche qui nous sauvera, bien comprendre que tout « ce » ou tous « ceux » que l’on rencontre sur notre route peuvent être utiles certes, parfois nécessaires mais toujours insuffisants.
Pourquoi insuffisant, parce que chaque personne, même si elle se fait aider par moment, a un chemin particulier propre à elle-même pour accueillir les informations venant de son auto-observation, ou de l’extérieur et des autres. De même pour les organiser, les traiter. Tout çà pour élargir sa conscience à la dimension qu’elle sera capable d’atteindre. Dimension plus large, plus lumineuse de compréhension, plus efficace et pertinente dans la relation avec le vivant, le sensible, le sublime…

Mon parcours (JL.Jacquemet)

Partir du corps alors que j’étais plutôt orienté dans la filière littéraire m’a sauvé la vie. La kinésithérapie a été mon tremplin. La découverte des lois de la constitution humaine dasn cette activité professionnelle m’invita à poursuivre l’aventure exploratoire et thérapeutique dans le registre du psychisme, de l’émotionnel/relationnel, bien sûr en relation avec le corps. Les thérapies corporelles/émotionnelles faisaient leur apparition en France (années 1975-80).
Expérimentation sur moi, travail thérapeutique en profondeur, premier contact avec les mémoires les plus profondes et leurs séquelles post-traumatiques. Une telle libération s’en suivit que mon énergie libérée me fit désirer une réorientation importante. Le cabinet de kiné m’a servi de rampe de lancement vers une autre apporche d’accompagnement de l’autre. Mais cela a pris toute de même du temps et m’a conduit à bien des voyages passionnants. La fréqentation de l’art-thérapie, de pratiques de conscience corporelle (Eutonie G.A.) de conscience de l’Espace (Espace intérieur/extérieur, Bothmer) me firent découvrir ce que j’ai appelé depuis : « L’Art-Développement ». A savoir l’incroyable ressource de connaissance de soi que réprésente l’expression artistique pratiqué dans les conditions adéquates. Cette ouverture de mes pratiques a nécessité un intérêt pour les connaissances humaines en philo, psycho, psychanalyse, et spiritualité. Non pas seulement une approche intellectuelle, mais une approche concrète, expérimentale en rapport avec mes observations sur le terrain : moi-même et les personnes qui ont bien voulu être mes patients, mes élèves…
Les grands messages de la spiritualité humaine de l’antiquité jusqu’à notre XXIème siècle, déclinés en un symbolisme diversifé selon les époques et les cultures, éclairés par les connaissances actuelles sont un trésor de repères pour notre observation contemporaine du dévelopepement de la conscience humaine en rapport avec sa situation d’être « incarné ».
J’ai réservé pour la fin de mon tour du monde intérieur, l’approche de la Voix. Cela s’est fait tout naturellement une fois assuré que je ne perdrais plus ma « centration ». La centration c’est la capacité de notre conscience « globalisée » à maintenir la cohérence harmonisée de toutes les fonctions dévolues à notre expression (corps, geste, souffle, pensée, émotion…). Ce, dans les situations les plus simples comme dans les plus périlleuses, des plus subtiles aux plus intenses, de création de nos messages expressifs (sous quelque forme que ce soit).

1984 a été la date d’ouverture à temps plein d’ARCAD (ateliers recherche corps art développement), dont la recherche, l’accompagnement, la formation se sont centrés sur les techniques d’accordage corps geste souffle voix conscience centrée et globalisée de soi. La création directe, non préméditée ou « improvisation » en constitue un outil fécond.